Sur le fil de la vie

L'histoire d'une jeune femme racontée grace au jeu vidéo les Sims2 (EA Games)

30 octobre 2006

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Je fermai les yeux. Moi qui croyais dur comme fer que j'allais retrouver mon Ulym, la désillusion était cruelle. A nouveau, mon esprit fit un aparté étrange… Je me remémorai un de mes anciens amis qui riait en regardant les séries à l'eau de rose à la télé : il qualifiait ce genre de circonstances d'"ascenseur émotionnel"… C'est étrange, les choses auxquelles on peut penser dans des moments pareils… Tellement que j'ai préféré ne pas m'attarder là-dessus !
J'ai rouvert les yeux et j'ai demandé :
"Est-ce que je peux quand même le voir ?
-J'allais justement le voir, on ne va pas tarder à l'emmener au scanner, vous n'avez qu'à venir avec moi. Nous l'avons sorti des soins intensifs pour l'instant."

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Le médecin partit vers l'ascenseur. Nous lui avons emboîté le pas, Ania et moi. Ma sœur avait glissé un de ses bras sous le mien, elle ne disait rien, mais je voyais ses grands yeux anxieux tournés vers moi. Je tentais de lui faire un petit sourire pour la détendre, mais ce fut trop dur. Arrivés devant la chambre d'Ulym, le docteur Chambot ouvrit et s'effaça pour nous laisser entrer, refermant la porte derrière nous.

Ça y est, je l'avais devant moi. Mon Ulym, mon premier amour, le père de mes enfants. Emue, je m'approchais de lui. Aniava s'assit en rentrait, me laissant m'avancer seule, alors que le médecin contournait le lit.

Il me regarda, je me sentais si bête, j'étais fixée, rigide, devant Ulym, ne sachant plus quoi faire.
"Madame Genallu, dit-il d'une voix douce, vous pouvez vous approcher de lui, le toucher, ou encore lui parler. Je vais vous laisser avec lui, je reviens dans une dizaine de minutes et on le montera au scanner"

Je relevai les yeux sur le docteur Chambot et murmurai un merci. Alors qu'il sortait de la chambre, je me penchai et embrassai la joue de mon mari. C'était chaud, un peu piquant car il n'était pas rasé, mais si doux… Je m'assis à côté du lit et lui pris la main. Là aussi, c'était si doux. J'avais très envie de pleurer mais je me suis retenue. C'est idiot, mais j'avais l'impression que pleurer, ce serait abandonner, et que ça nous porterait malheur, et je ne voulais surtout pas gâcher la moindre chance.

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La dizaine de minute s'écoula très vite. Ania, pudique, était discrètement sortie pour me laisser seule avec mon aimé.
L'arrivée des brancardiers me sortit d'une situation perturbante : je me sentais si gauche, si inutile à côté de ce corps inerte ! Je lui tenais la main, mais n'osait lui parler. Pour dire quoi ? Pour lui dire que je suis là ? Il ne m'entend même pas ! Avec un certain soulagement, je me suis donc poussée, et j'ai laissé les brancardiers sortir le lit d'Ulym de sa chambre pour l'amener au scanner.

Silencieusement, je les suivis. Le docteur me vit et me proposa de me laisser accompagner Ulym dans la pièce du scanner pendant que les brancardiers l'installaient pour l'examen. Le voir si fragile, prêt à être avalé par cette grande machine bruyante m'effraya un peu plus. Alors, je ne voulais plus partir, je ne m'en sentais pas de l'abandonner. Mais je ne savais pas non plus quoi faire, je me sentais si godiche à rester plantée à fixer son visage !

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"Madame Genallu ?"
C'était le médecin qui m'appelait.
"Excusez-moi, mais vous ne pouvez pas rester dans la pièce pendant l'examen. Rejoignez moi donc ici.
-Très bien, j'arrive."

A son invitation, je m'assis donc à ses côtés, devant une console pleine de boutons et de lumières clignotantes qui allait disséquer mon Ulym, et probablement me dire ce qu'il avait. L'effroi resserra une novelle fois sa prise sur mon ventre. A mes côtés, le docteur commentait paisiblement les opérations :
"Voyez, là il rentre dans la machine. Celle-ci va faire une série de photos de son cerveau, pour nous montrer si il y a un problème"
Son cerveau. L'information jaillit violemment dans mon cerveau à moi.
- Son cerveau ??!! Docteur, vous n'aviez pas parlé d'un problème avec son cerveau !!

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"Ahem"
Le regard du docteur se fit fuyant, l'espace d'un instant, puis il revint se planter droit dans mes yeux.
"Madame Genallu, c'est ce que j'essayais de vous faire comprendre tout à l'heure. Votre mari n'est pas inconscient pas hasard, il y a une raison… Il a pu être trop choqué, il peut saigner par une blessure interne, ce qui priverait son cerveau d'oxygène et pourrait l'endommager."

Mes doigts se crispèrent sur le plastique blanc de la console.
-Dites moi donc tout, docteur, de quoi peut-il souffrir encore ?
-Mais il y a de nombreuses possibilités, vous savez ! Nous devons faire ces examens avant que je puisse vous en dire plus, ce que je vous disais à l'instant, je ne vous le disais qu'à titre d'exemple. Simplement, je préfère vous préparer au fait que votre mari puisse avoir… ahem… des séquelles
- Des séquelles…"

Je laissais ma phrase inachevée. Je venais de replonger dans le brouillard. J'ai attendu en silence que l'examen s'achève. En silence, oui, car je ne voulais plus rien entendre. Rien entendre qui pourrait blesser Ulym. Lorsque les brancardiers se sont chargés de le dégager de la machine, je les ai suivi, toujours en silence.

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Ulym fut ramené directement dans sa chambre. Brièvement, le médecin s'arrêta dans l'encadrement de la porte pour dire :
"Madame Genallu, je vais interpréter le scanner de votre mari avec le radiologue. Soyez sure que dès que nous saurons quelque chose de nouveau, je vous préviendrai."
Le docteur Chambot regarda les grands yeux levés vers lui. Pauvre fille, elle est si jeune, trop jeune pour apprendre les nouvelles que je risque de lui apprendre, pensa-t-il. Impuissant à l'aider plus, il se contenta de terminer sa phrase avec un petit sourire et de serrer brièvement le coude d'Ymaëlle, mettant toute la sympathie qu'il s'autorisait à éprouver pour ses patients dans ce petit geste.

La porte de referma sur le docteur. Je m'y adossais en soupirant. Un rapide coup d'œil sur la pièce : un lit, un gisant, et un fauteuil. Tiens, et un papier.
Je me dirigeais rapidement vers ce papier, c'était un mot d'Ania :

Désolée, Yma, je n'ai pas pu t'attendre, j'ai un rendez-vous médical pour ma grossesse. Je repasse dès que je peux. Je t'embrasse, tiens le coup, Aniava

Je décidai donc de m'installer dans le fauteuil. Je ne sais même plus si j'ai attendu longtemps ou pas, c'était comme la nuit dernière, le temps paraissait s'écouler… je ne sais pas, moi, différemment… A nouveau, je me noyais dans des milliers de pensées, elles allaient même trop vite pour que je m'arrête sur l'une d'entre elle. Heureusement.
Ma "rêverie" fut stoppée par une infirmière qui vint me prévenir que le docteur Chambot voulait me voir. Lentement, je me levai et la suivis. J'allais enfin savoir.

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"Entrez, entrez, madame Genallu, et asseyez-vous, je suis à vous !"
Le docteur tria hâtivement quelques dossiers sur son bureau, et commença à parler :
"Bien, heu… Avec le radiologue, nous avons soigneusement analysé le scanner qu'a passé votre mari ce matin. Ahem, les nouvelles ne sont pas très bonnes"

Coup de poignard dans mon ventre.

Péniblement, je répondis :
"Allez vous finir par me dire ce qu'il a ?
-Bien sûr Madame. En fait, votre mari a du se cogner la tête en tombant. Dans la nuit, nous n'avons rien détecté, mais ces choses là peuvent ne pas se voir tout de suite. Ce choc a provoqué la rupture d'un petit vaisseau dans le cerveau, il a donc saigné à l'intérieur de son crâne. Sur les radios, on voit très nettement un hématome extra dural avec déviation de la ligne médiane.

*silence*

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"Que… Qu'est-ce… Qu'est-ce que ça veut dire docteur ?"
Je reconnaissais à peine ma propre voix, tellement elle était étranglée.

- Et bien pour l'instant, ça signifie que votre mari est dans le coma…
- LE COMA !! Vous ne m'aviez pas parlé de ça ! Qu'est-ce que vous allez faire pour lui ?! Sortez-le de là !"
La rage m'habitait. Comment osait-il parler de coma d'un ton si calme ? Comment osait-il rester là devant moi alors que mon mari a besoin de lui ?

"Madame Genallu, calmez-vous s'il vous plait ! Je dispose de peu de temps pour vous expliquer la situation, laissez-moi parler !"
Douche froide. Je me rendis compte que dans la colère, je m'étais levée. Je me rassis donc.
"Madame, je dois opérer votre mari rapidement. Il faut traiter cet hématome avant qu'il n'ait fait des dégâts.

- L'opérer ? Ça va le réveiller ?
- Si tout se passe correctement, les chances qu'il se réveille sont nombreuses.
- Les chances qu'il se réveille ? Vous voulez dire qu'il existe des possibilités qu'il reste dans… dans le coma ?
- Oui madame. Elles sont faibles, mais elles existent. "

Ma tête oscilla vers l'avant. Il fallait que j'arrive à digérer tout ça. Le docteur m'interrompit une fois de plus dans mes pensées, d'une voix radoucie :
"Madame Genallu, si vous n'avez pas d'autre question, il faut que j'aille au bloc opératoire. Votre mari doit être prêt, il ne faut pas que je le fasse attendre.
-… Oui… très bien docteur, allez-y. Je… J'attends les… les nouvelles."

Posté par Delise à 23:13 - Sur le fil de la vie, l'histoire - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

J'adore de plus en plus ton histoire. En seulement trois épisodes, tu as réussi à me captiver. C'est incroyable, je vis la situation avec Ymaëlle. Elle passe du statut de sim à celui de personne bien réelle avec qui on éprouve de la peine de l'angoisse (j'aurais bien ajouté joie mais il y en a pas beaucoup pour l'instant...)...Enfin bref, c'est un réel plaisir de te lire. Ca l'était déjà avant mais depuis que tu t'es libérée de chaînes du Legacy, ça l'est encore plus. Un vrai régal.
Chapeau bas, Lise.

Posté par missing, 31 octobre 2006 à 00:09

Alors là .. je ne sais que dire. Quoique .. pourquoi vouloir devenir professeur de physique ( surtout de physique ;-) )
Non mais sérieusement ( enfin .. je ne rigolais pas tant que ça avant :D ), je n'ai pas l'impression de lire le même auteur que dans le Legacy. Souvent, quand on change d'histoire mais qu'on reste avec le même auteur, on reconnaît un certain style si je puis dire. Mais là ... je suis, encore une fois, bluffé par ce réalisme, par les sentiments forts que tu fais passer. On se prend totalement au jeu.
Bref, je suis soufflé par cette mise à jour. Bravo Lise, je suis ravi.
Une petite chose : je vois que le patch pour les vêtements n'est pas au point. L'élève a dépassé le maître ...

Dans l'attente de retrouver Tellani et les deux furies ou même Ymaëlle, je vous adresse, madame, l'expression de mes sentiments distingués.

Aurélien

Posté par Aurélien, 31 octobre 2006 à 01:42

Que dire ? ...
Cette histoire est poignante et il me tarde d'ouvrir à nouveau ton livre pour y dévorer le chapitre suivant.
Comme le dit Missing, Ymaëlle n'est plus une simsette mais bien une personne qui vit et éprouve des sentiments similaires aux notres.
C'est superbe.

Posté par AnneB, 31 octobre 2006 à 12:14

Roh, vous êtes gentil, je vous adore ! :D

Merci Missing, figure toi qu'à la base, je voulais autant décrire mon legacy que ce que je fais actuellement. Je pense que j'en serais encor eà le première génération seulement !

Aurélien, que je te rassure, les photos sont anciennes, au moment ou je m'étais découragée du patch dont nous parlions. Je n'ai pas dit mon dernier mot pour ce fichu patch ! ;)

Merci de ton passage Anne, J'aime aussi me plonger dans cette histoire, j'aimerais tellement l'avancer plus vite ! En tout cas j'essaierai !

En tout cas, merci à vous trois de vos commentaires élogieux, ils me vont droit aux coeur et m'enchantent !

Posté par Delise, 31 octobre 2006 à 19:13

Je suis toute chambulée par cette mise à jour . Comment ne pas se glisser dans la peau de ton personnage ?
Bravo aussi pour les décors.
Maintenant la question qui fache: A quand la suite ?

Lili

Posté par Gheliane, 03 novembre 2006 à 11:49

Merci beaucoup ma Lili, je suis ravie que ça te plaise à toi aussi! :D
Et pour la question qui fache, j'ai une demi reponse ;) : je dois avoir toutes les photos dont j'ai besoin. Si j'arrive à écrire régulièrement, ça devrait mettre beaucoup moins de temps :D !

Posté par Delise, 03 novembre 2006 à 14:31

Laisser un commentaire, oui, moi je veux bien, mais qu'écrire quand les mots ne viennent pas ou sont dénués de tout sens, impuissants à traduire une émotion...
Alors, simplement, si tu étais à côté de moi, je te ferai une grosse bise, ou je te serrerai tendrement la main.
Cela pour te remercier de faire passer aussi naturellement ces sentiments qui passent de la joie au cauchemar.
Merci M'dame Lise !

PS : chapeau bas aussi pour le réalisme et la recherche de tes décors!

Posté par Anmi, 03 novembre 2006 à 16:37

Mici beaucoup Dame Anmi ! C'est moi qui ne sait plus quoi dire devant ce si beau commentaire. Mis à part que je suis prenneuse de la bise ! :D
Merci à toi d'être passée.

Lise

Posté par Delise, 03 novembre 2006 à 17:34

C'est superbe... tu arrives vraiment à bien faire passer l'angoisse de cette pauvre Ymaëlle... Mais dis-moi, tu ne vas pas nous le faire mourir hein? Je ne veux pas pleurer comme un conne devant mon écran moi ;)

Vivement la suite ;)

Posté par Aline, 06 novembre 2006 à 15:20

Aline ! C'est toujours un plaisir d'avoir tes commentaires ;)
Alors, vais-je le faire mourir ou pas ? Roh, ben je vais pas casser tout mon suspense en le disant, tout de même :D, même si je n'ai pas envie de te faire pleurer, bien sûr...
Merci d'être passée ;)

Posté par Delise, 08 novembre 2006 à 22:48

Oui bon... je suis en retard... très en retard, et alors? :D Hein, hein?
Bon, je vais arrêter de gâcher le truc avec mes conneries. Mais en fait, je ne sais pas quoi dire... c'est tellement beau...
J'ai la sensation que tu as vécu ce que tu écris ici pour que ça soit si réaliste. Tu es digne de mon auteur préféré et ce n'est pas peu dire, je te le jure.
J'ai l'impression, quand je viens ici, d'ouvrir un livre que je déguste doucement, pour goûter comme il se doit tous les éléments que tu mets si bien en place...
Merci Lise, pour ce plaisir que tu nous offres à chacune de tes mises à jour, malheureusement si peu nombreuses. Mais c'est un régal à chaque fois , et ça compense.
D'autant plus que comme les autres, je trouve la mise en scène et les décors superbement choisis!
Bravo!!
Poupouss

Posté par Poupouss, 18 décembre 2006 à 21:33

Laquelle est la plus en retard, on ne demandera pas, ej crois que j'ai gagné :D
Et même si ça vient longtemps après, merci de tout coeur pour ton commentaire, ça fait drolement plaisir !

Lise

Posté par Delise, 29 janvier 2007 à 22:23

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