Sur le fil de la vie

L'histoire d'une jeune femme racontée grace au jeu vidéo les Sims2 (EA Games)

30 octobre 2006

Chapitre 3 : Complications

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MMmmmhhhh… Que se passe-t-il ? Mmmhhh... Un bruit strident, pénible. Il finit par chasser les derniers lambeaux de mes rêves et à m'extirper des brumes apaisantes du sommeil.Le téléphone ? Encore ! Mais quelle heure est-il ?? Un coup d'œil par la fenêtre m'informe qu'il fait encore nuit. Encore nuit, mais on est presque en hiver. Je vérifie sur mon radio-réveil : 8h30. Ah, que je me sens lasse, ma nuit fut si courte, quelques heures, à peine.
Soudain, la réalité me frappe de plein fouet : Ulym ! Et moi qui vérifie l'heure alors que c'est peut-être l'hôpital qui m'appelle !
Vite, sans prendre la peine d'enfiler une robe de chambre, je me précipite décrocher ce téléphone qui me tire du sommeil pour la deuxième fois de la nuit.

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"Allo ?
- Allo Yma, c'est Ania !"
Ah, Aniava, ma grande sœur. Bigre, pour être aussi matinale, elle doit être au courant !
"Bonjour, Ania, répondis-je en étouffant un bâillement.
- Heu, maman vient de m'appeler pour me mettre au courant. Comment va-t-il ?
- Et bien j'ai vu le médecin qui l'a opéré dans la nuit, il m'a rassurée. Il a une cheville cassée et des contusions partout, mais ça devrait aller.
- Oh mon Dieu que je suis soulagée ! Maman n'a pas pu me dire grand-chose, j'ai crains le pire !
- Oh ça, pour imaginer le pire, t'inquiète pas, je vois bien ce qui a pu te traverser l'esprit…
- Oh oui, excuse moi, j'imagine que tu as du passer des heures pénibles… tu fais quoi là ? J'ai l'impression que je te réveille, tu retournes te coucher ou tu vas à l'hosto ?
- Non, maintenant que je suis réveillée, je vais me préparer et y retourner"
Petit silence
"Tu veux que je vienne avec toi ?"
Je sentais Aniava hésitante. Cadette d'une fille à qui tout réussissait, j'avais passé les dernières années à tenter d'affirmer ma personnalité et mon indépendance.
"Bien sûr, repris-je, ça me ferait très plaisir. Tu passes par la maison avant, on prendra un café.
-OK, reprit Aniava, la voie rassurée. Je me prépare et j'arrive !"

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J'en profitais moi aussi pour rapidement passer sous la douche et appeler maman pour lui demander de garder mes petits aujourd'hui encore. A peine avais-je raccroché qu'Aniava toquait à la porte. Heureuse de la voir à mes côtés, je l'accueillis avec effusion, et la pris dans mes bras.
"Ania, je suis contente de te voir !"
Non, je ne suis pas si démonstrative d'ordinaire, mais j'étais à fleur de peau. Ania dut le sentir car elle me rendit doucement, affectueusement, mon étreinte.
"Mais moi aussi petite sœur, je suis toujours contente de te voir. Mais, reprit-elle en riant, il ne faut pas serrer si fort, j'ai l'impression de ne plus respirer avec ce ballon qui me sert de ventre !"

Je le relâchais et la contemplais en souriant. Toutes les femmes ne vivent pas la grossesse de la même façon, et je trouvais que cet état embellissait ma sœur. C'est mon aînée, mais elle a eu une vie un peu insouciante jusqu'ici, donc il d'agit de sa première grossesse."Rentre, vite, je t'en prie ! Allez, viens, on va prendre un petit café !
-Ah non ! Aniava m'arrêta du geste. Tu sais que je suis les recommandations des médecins à la lettre, et ils m'ont dit "pas de café". Mais je prendrais bien une infusion !"

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"Ah oui, c'est vrai, je te prépare ça tout de suite !"

Je mis l'eau à bouillir et le café à couler. Pendant que le tout chauffait, j'interrogeais Aniava sur l'absence de Cram, le père du bébé et aussi le meilleur ami d'Ulym.

"Dis-moi, Cram bosse aujourd'hui ? Je me suis posé la question quand je t'ai vue arriver seule. Il viendra peut-être le voir plus tard, non ?
-Yma, bien sûr que Cram viendra voir Ulym, il a été tout retourné quand je le lui ai appris ce matin."

Je remarquais que ma sœur avait le regard fuyant, subitement. Elle se mordillait également la lèvre inférieure, ce qui est un signe indiscutable de problème chez elle.
"Ania, qu'est-ce que tu ne me dis pas ?
-Que… Quoi ? Mais… heu… je ne vois pas…
-Ania, la coupai-je, je te connais.
-Ecoute, je ne veux pas t'embêter, tu as assez de soucis…
-J'en aurai encore plus si je sais que ma sœur en a et qu'elle les garde pour elle."
Indécise, Aniava regarda vers le sol. Finalement, elle releva la tête et planta ses yeux dans les miens :
"Si Cram n'est pas là maintenant, c'est qu'il m'évite un peu en ce moment. Ça ne va pas très fort pour nous deux."
Sans me laisser le temps de réagir, elle ajouta, dans un seul souffle :
"Maintenant, tu sais ce qu'il se passe, n'en parlons plus s'il te plait. Je n'ai pas envie d'en dire plus, et toi, tu dois te concentrer sur Ulym."
Dubitative, j'acquiesçais de la tête et me tournais vers mon café.

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Aniava finit rapidement son infusion tandis que je sirotais mon café brûlant. Un silence gêné perdura quelques instants… Que dire ? Si Ania ne voulait pas en parler, je n'allais pas la forcer, mais savoir que son couple était en péril m'embêtait beaucoup. Elle qui avait toujours eu tant de succès auprès des hommes, s'était stabilisée vers la fin de ses études et sa grossesse me paraissait sceller cette union dans la pierre.

Interrompant le cours de mes pensées, Aniava se leva brusquement et alla laver sa tasse. Elle me rejoignit dans le salon, histoire de me remuer un peu, comme elle a toujours si bien su le faire :
"Allez p'tite sœur, tu t'bouges un peu ? Y'a ton homme qui t'attend quand même !"

Je venais de retrouver l'Aniava insouciante que je connaissais, un petit sourire vissé au coin des lèvres. Je lui souris en retour et me levais également. Mais ça n'était qu'un sourire de circonstance. Egoïstement, je n'avais pas envie de plonger dans ses problèmes amoureux. Pas maintenant. Pas avec Ulym qui m'attendait à l'hôpital.

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Après un trajet tout de même moins mouvementé que la nuit précédente, me revoici devant l'hôpital. En plein jour, je me sentais moins perdue, moins démunie devant cette grande bâtisse blanche.
Et puis, j'étais confiante ! Ania était avec moi, j'allais retrouver mon homme, je pourrais le bichonner à mon aise.

Je me laissais aller à rêvasser à sa convalescence. Je projetais tout un programme dans ma tête : petit déjeuner au lit, toilette, et quand il le pourrait, une petite balade dans le jardin… Il avait intérêt à se laisser faire cette fois ! Chaque fois qu'il est un peu malade, il ne m'écoute pas, n'en fait qu'à sa tête, et va quand même au boulot, malgré mes protestations ! Mais cette fois, il n'aura pas le dernier mot : pas de travail avant que le médecin ne l'autorise !

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Arrivée dans le hall, je pressais le pas, suffisamment pour faire râler Ania qui avait récemment adopté une démarche de canard qui me faisait beaucoup rire.
"Yma ! Tu penses pas à moi, hein !
-Allez Ania, lui répondis-je en me retournant, plus que quelques mètres, et nous serons presque au but !"
Rieuse, je me tournai vers les infirmières de l'accueil. Maëva, l'infirmière avec qui j'avais discuté la nuit dernière était toujours là. "Fichus horaires !" me dis-je en mon for intérieur.
"Bonjour ! Je suis Yamëlle Genallu, mon mari est rentré cette nuit, j'aimerais le voir s'il vous plait !"

Maëva tourna la tête vers moi. Ses yeux fatigués par sa nuit de travail, d'abord inexpressifs, s'agrandirent imperceptiblement. Je compris alors qu'elle me reconnaissait, qu'elle se souvenait de la nuit passée, et aussi que quelque chose ne tournait pas rond…
"Heu… oui, bien sûr, tout de suite madame Genallu… Hum, je vais voir le docteur immédiatement, il est là-bas derrière…"
Et elle fila à toute allure.

Visiblement, Aniava aussi trouvait que c'était louche, car elle se rapprocha de moi pour mieux observer Maëva qui parlait tout bas au médecin.
"Qu'est-ce qu'elle peut bien lui dire ?" glissa-t-elle dans mon oreille.
Je n'ai pas répondu. Je n'osais même pas imaginer ce qu'elle lui disait. Car j'avais vu les yeux de Maëva s'agrandir. Même si le moment n'a duré que le temps d'un souffle. Je l'avais vu. Et je savais que quelque chose était arrivé. Et depuis, j'avais l'impression de voir le monde extérieur depuis un télescope, je me sentais loin, si loin… J'avais peur, tout simplement.

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Maëva ramena le médecin et se retrancha rapidement derrière son ordinateur, feignant de ne plus me voir.
"Je le reconnais ce toubib, je l'ai vu hier soir… Zut, comment est-ce qu'il s'appelle déjà ? Pas moyen de me rappeler son nom…"
Mes pensées tourbillonnaient dans ma tête. Du coin de l'œil, j'ai vu Ania me regarder fixement, puis j'ai senti une vive douleur au bras : elle me pinçait au sang !

Alors, j'ai repris pied dans la réalité. Un peu comme une grande respiration qu'on reprend après avoir fait une apnée. Je réussis à cadrer mon regard sur le médecin (mais oui ! docteur Chambot !) et m'aperçus qu'il avait déjà commencé à parler.
"… complications, mais pour savoir, il va me falloir faire des examens supplémentaires."

Il avait l'air d'avoir fini son discours. Je vis Aniava, l'air angoissée, piétiner d'un pied sur l'autre, regardant alternativement le médecin, puis moi. Honteuse, je dus me résoudre à demander :
"Heu… Docteur, pardonnez-moi, pourriez-vous répéter ? Je n'ai pas… heu… entendu le début."
Le médecin me jeta un bref coup d'œil, pas même surpris. Il doit avoir l'habitude je suppose.
"Je vous expliquais que contrairement à nos attentes, votre mari n'a pas repris connaissance. Il semble que son inconscience soit relativement… hum, comment dire ? Profonde. Hier nous n'avons pas vu de lésions internes, mais il est possible qu'il en ait. Ceci entraînerait des complications, mais pour savoir, il faut que je lui fasse subir des examens supplémentaires."

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Je fermai les yeux. Moi qui croyais dur comme fer que j'allais retrouver mon Ulym, la désillusion était cruelle. A nouveau, mon esprit fit un aparté étrange… Je me remémorai un de mes anciens amis qui riait en regardant les séries à l'eau de rose à la télé : il qualifiait ce genre de circonstances d'"ascenseur émotionnel"… C'est étrange, les choses auxquelles on peut penser dans des moments pareils… Tellement que j'ai préféré ne pas m'attarder là-dessus !
J'ai rouvert les yeux et j'ai demandé :
"Est-ce que je peux quand même le voir ?
-J'allais justement le voir, on ne va pas tarder à l'emmener au scanner, vous n'avez qu'à venir avec moi. Nous l'avons sorti des soins intensifs pour l'instant."

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Le médecin partit vers l'ascenseur. Nous lui avons emboîté le pas, Ania et moi. Ma sœur avait glissé un de ses bras sous le mien, elle ne disait rien, mais je voyais ses grands yeux anxieux tournés vers moi. Je tentais de lui faire un petit sourire pour la détendre, mais ce fut trop dur. Arrivés devant la chambre d'Ulym, le docteur Chambot ouvrit et s'effaça pour nous laisser entrer, refermant la porte derrière nous.

Ça y est, je l'avais devant moi. Mon Ulym, mon premier amour, le père de mes enfants. Emue, je m'approchais de lui. Aniava s'assit en rentrait, me laissant m'avancer seule, alors que le médecin contournait le lit.

Il me regarda, je me sentais si bête, j'étais fixée, rigide, devant Ulym, ne sachant plus quoi faire.
"Madame Genallu, dit-il d'une voix douce, vous pouvez vous approcher de lui, le toucher, ou encore lui parler. Je vais vous laisser avec lui, je reviens dans une dizaine de minutes et on le montera au scanner"

Je relevai les yeux sur le docteur Chambot et murmurai un merci. Alors qu'il sortait de la chambre, je me penchai et embrassai la joue de mon mari. C'était chaud, un peu piquant car il n'était pas rasé, mais si doux… Je m'assis à côté du lit et lui pris la main. Là aussi, c'était si doux. J'avais très envie de pleurer mais je me suis retenue. C'est idiot, mais j'avais l'impression que pleurer, ce serait abandonner, et que ça nous porterait malheur, et je ne voulais surtout pas gâcher la moindre chance.

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La dizaine de minute s'écoula très vite. Ania, pudique, était discrètement sortie pour me laisser seule avec mon aimé.
L'arrivée des brancardiers me sortit d'une situation perturbante : je me sentais si gauche, si inutile à côté de ce corps inerte ! Je lui tenais la main, mais n'osait lui parler. Pour dire quoi ? Pour lui dire que je suis là ? Il ne m'entend même pas ! Avec un certain soulagement, je me suis donc poussée, et j'ai laissé les brancardiers sortir le lit d'Ulym de sa chambre pour l'amener au scanner.

Silencieusement, je les suivis. Le docteur me vit et me proposa de me laisser accompagner Ulym dans la pièce du scanner pendant que les brancardiers l'installaient pour l'examen. Le voir si fragile, prêt à être avalé par cette grande machine bruyante m'effraya un peu plus. Alors, je ne voulais plus partir, je ne m'en sentais pas de l'abandonner. Mais je ne savais pas non plus quoi faire, je me sentais si godiche à rester plantée à fixer son visage !

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"Madame Genallu ?"
C'était le médecin qui m'appelait.
"Excusez-moi, mais vous ne pouvez pas rester dans la pièce pendant l'examen. Rejoignez moi donc ici.
-Très bien, j'arrive."

A son invitation, je m'assis donc à ses côtés, devant une console pleine de boutons et de lumières clignotantes qui allait disséquer mon Ulym, et probablement me dire ce qu'il avait. L'effroi resserra une novelle fois sa prise sur mon ventre. A mes côtés, le docteur commentait paisiblement les opérations :
"Voyez, là il rentre dans la machine. Celle-ci va faire une série de photos de son cerveau, pour nous montrer si il y a un problème"
Son cerveau. L'information jaillit violemment dans mon cerveau à moi.
- Son cerveau ??!! Docteur, vous n'aviez pas parlé d'un problème avec son cerveau !!

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"Ahem"
Le regard du docteur se fit fuyant, l'espace d'un instant, puis il revint se planter droit dans mes yeux.
"Madame Genallu, c'est ce que j'essayais de vous faire comprendre tout à l'heure. Votre mari n'est pas inconscient pas hasard, il y a une raison… Il a pu être trop choqué, il peut saigner par une blessure interne, ce qui priverait son cerveau d'oxygène et pourrait l'endommager."

Mes doigts se crispèrent sur le plastique blanc de la console.
-Dites moi donc tout, docteur, de quoi peut-il souffrir encore ?
-Mais il y a de nombreuses possibilités, vous savez ! Nous devons faire ces examens avant que je puisse vous en dire plus, ce que je vous disais à l'instant, je ne vous le disais qu'à titre d'exemple. Simplement, je préfère vous préparer au fait que votre mari puisse avoir… ahem… des séquelles
- Des séquelles…"

Je laissais ma phrase inachevée. Je venais de replonger dans le brouillard. J'ai attendu en silence que l'examen s'achève. En silence, oui, car je ne voulais plus rien entendre. Rien entendre qui pourrait blesser Ulym. Lorsque les brancardiers se sont chargés de le dégager de la machine, je les ai suivi, toujours en silence.

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Ulym fut ramené directement dans sa chambre. Brièvement, le médecin s'arrêta dans l'encadrement de la porte pour dire :
"Madame Genallu, je vais interpréter le scanner de votre mari avec le radiologue. Soyez sure que dès que nous saurons quelque chose de nouveau, je vous préviendrai."
Le docteur Chambot regarda les grands yeux levés vers lui. Pauvre fille, elle est si jeune, trop jeune pour apprendre les nouvelles que je risque de lui apprendre, pensa-t-il. Impuissant à l'aider plus, il se contenta de terminer sa phrase avec un petit sourire et de serrer brièvement le coude d'Ymaëlle, mettant toute la sympathie qu'il s'autorisait à éprouver pour ses patients dans ce petit geste.

La porte de referma sur le docteur. Je m'y adossais en soupirant. Un rapide coup d'œil sur la pièce : un lit, un gisant, et un fauteuil. Tiens, et un papier.
Je me dirigeais rapidement vers ce papier, c'était un mot d'Ania :

Désolée, Yma, je n'ai pas pu t'attendre, j'ai un rendez-vous médical pour ma grossesse. Je repasse dès que je peux. Je t'embrasse, tiens le coup, Aniava

Je décidai donc de m'installer dans le fauteuil. Je ne sais même plus si j'ai attendu longtemps ou pas, c'était comme la nuit dernière, le temps paraissait s'écouler… je ne sais pas, moi, différemment… A nouveau, je me noyais dans des milliers de pensées, elles allaient même trop vite pour que je m'arrête sur l'une d'entre elle. Heureusement.
Ma "rêverie" fut stoppée par une infirmière qui vint me prévenir que le docteur Chambot voulait me voir. Lentement, je me levai et la suivis. J'allais enfin savoir.

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"Entrez, entrez, madame Genallu, et asseyez-vous, je suis à vous !"
Le docteur tria hâtivement quelques dossiers sur son bureau, et commença à parler :
"Bien, heu… Avec le radiologue, nous avons soigneusement analysé le scanner qu'a passé votre mari ce matin. Ahem, les nouvelles ne sont pas très bonnes"

Coup de poignard dans mon ventre.

Péniblement, je répondis :
"Allez vous finir par me dire ce qu'il a ?
-Bien sûr Madame. En fait, votre mari a du se cogner la tête en tombant. Dans la nuit, nous n'avons rien détecté, mais ces choses là peuvent ne pas se voir tout de suite. Ce choc a provoqué la rupture d'un petit vaisseau dans le cerveau, il a donc saigné à l'intérieur de son crâne. Sur les radios, on voit très nettement un hématome extra dural avec déviation de la ligne médiane.

*silence*

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"Que… Qu'est-ce… Qu'est-ce que ça veut dire docteur ?"
Je reconnaissais à peine ma propre voix, tellement elle était étranglée.

- Et bien pour l'instant, ça signifie que votre mari est dans le coma…
- LE COMA !! Vous ne m'aviez pas parlé de ça ! Qu'est-ce que vous allez faire pour lui ?! Sortez-le de là !"
La rage m'habitait. Comment osait-il parler de coma d'un ton si calme ? Comment osait-il rester là devant moi alors que mon mari a besoin de lui ?

"Madame Genallu, calmez-vous s'il vous plait ! Je dispose de peu de temps pour vous expliquer la situation, laissez-moi parler !"
Douche froide. Je me rendis compte que dans la colère, je m'étais levée. Je me rassis donc.
"Madame, je dois opérer votre mari rapidement. Il faut traiter cet hématome avant qu'il n'ait fait des dégâts.

- L'opérer ? Ça va le réveiller ?
- Si tout se passe correctement, les chances qu'il se réveille sont nombreuses.
- Les chances qu'il se réveille ? Vous voulez dire qu'il existe des possibilités qu'il reste dans… dans le coma ?
- Oui madame. Elles sont faibles, mais elles existent. "

Ma tête oscilla vers l'avant. Il fallait que j'arrive à digérer tout ça. Le docteur m'interrompit une fois de plus dans mes pensées, d'une voix radoucie :
"Madame Genallu, si vous n'avez pas d'autre question, il faut que j'aille au bloc opératoire. Votre mari doit être prêt, il ne faut pas que je le fasse attendre.
-… Oui… très bien docteur, allez-y. Je… J'attends les… les nouvelles."

Posté par Delise à 23:13 - Sur le fil de la vie, l'histoire - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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